Ma pratique s’articule essentiellement autour de la photographie, de la vidéo et de l’installation.

Un phénomène naturel, un détail du quotidien, une matière, constituent un terrain de jeu dans lequel j’explore et ausculte méticuleusement. J’éprouve une certaine fascination pour les traces, les interstices et les matières infimes dont l’échelle nous échappe, tout comme leur omniprésence dans notre quotidien.

Des actions minutieuses telles qu’observer, collecter, inventorier font partie intégrante de mon processus de création. Ce travail implique l’utilisation d’objets, de matériaux récupérés, à partir desquels j’opère des déplacements (isolement, détournement, décontextualisation) et, de ce fait, leur confèrent de nouvelles dimensions et significations possibles.

Je m’intéresse à l’image comme un espace de projection mentale, à partir duquel le public sera libre de construire sa propre histoire. Dans mon travail, les images sont souvent ambiguës, elles génèrent une certaine attraction de par leurs aspects énigmatiques, et pourtant sont composées de matériaux domestiques. 

Les encyclopédies illustrées constituent également un répertoire d’images et de formes, qui viennent alimenter à la fois ma curiosité pour le monde et mon imaginaire.

Cette démarche est celle d’une infiltration poétique dans le réel, oscillant entre familier et ouverture vers l’inconnu pour un nouveau parti pris des choses[1]. À travers mon travail, je tends à retrouver cet état d’émerveillement, qui réside dans la matérialité la plus ordinaire.

 

[1]  Francis Ponge, Le parti pris des choses, Paris, Gallimard, 1997

Aurélie Jouandon